La rue était déserte. Comme si ça ne suffisait pas d'avoir été enfermé dans une cage pendant autant de jours !
Mais maintenant ce n'était plus à moi de m'en prendre plein... Un long sourire s'étira sur mes lèvres charnues.
Et pour commencer à me remettre en selle, une petite soirée ne serait pas de trop.
C'était le bonheur absolu : j'étais enceinte et suite à cela Alex m'avait demandé en mariage, les Trinities enchaînaient de concert en concert et notre succès était énorme !!!
De plus, toute ma famille était là ainsi que tous mes amis dont Isabelle... qui avait emmené Jessica avec elle !!! Ce fut une énorme surprise pour moi mais elle aussi semblait être décidée à changer. Et d'ailleurs, la transformation était flagrante : quelque chose d'énorme avait changé mais je n'arrivais pas à mettre le doigt dessus...
Mes vieux potes étaient tous là ainsi que pas mal de petites connes en herbes mais bon, on ne leur demandait pas la lune non plus ! Ce n'est pas si dur d'être sexy...
- « Hey vieux ! »
Je tournais la tête, mécontent qu'on m'arrache à ma méditation, pour voir Freddy, accompagné d'une superbe blonde avec une poitrine généreuse et une taille de guêpe. Mais le mieux, c'était qu'elle paraissait ne rien avoir dans le crâne. Tout le contraire d'Ash ! J'aurais dû écouter Freddy : une fille qui se pose trop de questions, c'est un gros problème !
Et il avait eu raison : j'avais passé un mois en tôle à cause d'elle et heureusement que j'avais les meilleurs avocats de la ville !
Je m'approchai, tel un prédateur de sa proie, de la blonde. C'était la meilleure technique pour séduire et intimider les filles comme elle. Mais Freddy m'interrompit en m'invitant à parler dans un coin sombre de la pièce:
« Cette fille, elle s'appelle Jessica...
- Et c'est pour me dire son prénom que tu as voulu me parler ?!?!?!
- Mais laisse-moi finir ! C'est aussi la cousine d'Isabelle et devine quoi ?
- Freddy, tu sais très bien que les devinettes c'est pas mon truc !!! rugis-je à nouveau.
- Elle connaît Ashley. T'en auras peut-être besoin...
Un sourire diabolique naquit sur mes lèvres.
- Et ben Richard, content de te voir reprendre du service ! »
Je l'avais tout de suite vu quand Kary l'avais conduite dans ma loge juste après le concert. Premièrement, elle s'excusa.
Deuxièmement, elle m'assura qu'elle n'était pas venue suite à ma popularité. Je lus dans ses yeux que c'était la vérité.
Et troisièmement, elle souhaitait devenir mon amie. J'acceptai de tout c½ur.
Puis je lui demandai si elle allait bien et elle m'assura que oui.
“- Alors comme ça tu as failli être mannequin ?
- Oui.
- Ça se voit tout de suite.
- Merci ! Mais à cause d'une fille j'ai perdu !!!!
- Elle s'appelait comment ?
- Ash- ley ! répondit-elle en serrant les poings.
- Allez viens avec moi et oublie là...
- Non, je n'ai pas envie !
Ce fut à ce moment que mon plan diabolique se profila à l'horizon...
- Pour se venger, rien de mieux que de se rapprocher d'elle et de la manipuler... Mais avant, vient, on ne va pas en parler toute la soirée. Au fait je m'appelle Thomas et toi ?
- Jessica mais appelle-moi Jessi ! "
Nous étions déjà le 3 février et le mariage approchait à grands pas : il aurait lieu le ....., entre le concert à ..... et celui à ......., à l'église de ........ . Mais avec tout ces chamboulements dans ma vie, quelqu'un voulait toujours être au plus proche de moi : la presse. A l'annonce de mon mariage et de ma grossesse, ma vie privée faisait les gros titres des journaux peoples, tout le monde voulait tout savoir sur ma vie avec Alex, notre bébé... Il avait même fallut, à plusieurs reprises, que j'appelle Alex pour qu'il vienne me chercher à la sortie d'un magasin car les paparazzis bloquaient totalement la sortie, de sorte à ne pas pouvoir me louper. Je n'en pouvais plus !
- « Tu sais, moi aussi j'ai beaucoup été déçu par cette fille !
- Je n'ai pas été déçue par Ashley, j'ai été éc½urée qu'elle gagne le concours.
- Ca, c'est parce qu'elle fricotait avec cet Alex Delacour, l'organisateur du concours.
- Tu crois qu'elle était avec lui avant la fin du concours ? ? ? ?
- Attend, tu ne crois tout de même pas qu'ils sont subitement tombés dans les bras l'un de l'autre, sans s'être rapprochés avant ? ! ? !
- S'ils étaient ensemble avant la fin du concours, on peut peut-être faire quelque chose pour annuler sa victoire !
- Tu crois que je n'y ai pas déjà pensé ? ? ? Je ne sais pas si j'ai bien fait de te parler de mon plan !
- Bien sûr que si ! Tu ne vas pas le regretter ! C'est surtout cette garce d'Ashley qui va le regretter !
- Je suis allé me renseigner auprès des autres organisateurs et, ayant toute confiance en son espèce de petit ami, ils ne pensent pas qu'ils aient été ensemble avant la fin du concours, même s'ils admettent que leur attirance à du commencer pendant les épreuves.
- En tout cas, si je ne peux pas l'avoir avec le concours, je l'aurais par un autre moyen. Et avec ce que je viens de lire dans la presse, on va pouvoir frapper un grand coup. Tiens, lis ça... »
- « Non mais je rêve ! On est un groupe ou pas ? Il me semble pourtant que sur la pochette de notre album et sur les affiches des concerts, il y a écrit « Les Trinities » et pas « Ashley » ! hurla Ariane.
- Tu crois que j'y suis pour quelque chose ? ? ? Je n'y peux rien si la presse me suit partout. Si tu veux, je t'en envoie, je serais ravie de me débarrasser de quelques uns ! lui répondis-je
- Il faut dire que tu l'as bien cherché Ashley : à quoi tu t'attendais en leur annonçant que tu allais te marier avec le directeur de So'glam et qu'en plus tu portais son enfant ? Tu savais très bien que ça allait porter tous les regards vers toi ! renchérit Sarah.
- Jamais j'ai pensé à ce que pouvait m'apporter cette annonce ! Je voulais juste le faire moi-même pour pas que n'importe qui aille le raconter, aille vendre cette information sur ma vie privée au plus offrant et que cela devienne un moyen de pression sur moi !
- Que n'importe qui aille le dire à la presse ? Il me semble que seule ta famille et le groupe sont au courant pour ta grossesse ? Alors, c'est ça que tu penses de nous : que nous sommes n'importe qui et que nous pourrions aller vendre cette partie de ta vie ? s'énerva Ariane.
- Non mais vous allez vous arrêtez ! ! ! ! ! dit Kary, en se levant de sa chaise pour pouvoir mieux abattre ses poings sur la table. Je pensais devenir la manager d'un groupe de jeunes filles matures et qui plus est amies. Je ne pensais pas que vous pourriez devenir aussi mesquine les unes envers les autres. Si la popularité commence à monter à la tête de certaines, j'ai une solution pour elle : je les fais quitter le groupe et j'engage d'autres personnes ! Vous n'êtes pas les seules à vouloir devenir célèbres, à faire partager votre goût pour la musique aux autres ! J'ai des centaines de personnes qui n'attendent que ça : vous remplacer au moindre faux pas !
- Attend Kary...
- Non, Sarah, tu me laisses parler. Je ne sais pas si vous vous rendez compte de ce que vous êtes en train de dire : je ne pense pas qu'Ashley a fait cette annonce pour s'attirer la presse. Suite à cela, elle n'a plus aucune vie privée, les moindres clichés d'elle et d'Alex se vendent pour des milliers d'euros au plus mauvais des journalistes qui ne se gênent pas pour les critiquer. Personnellement, je n'aimerais pas être dans la même situation qu'elle. Alors reprenez vous, repensez à tout ce que vous avez dit et j'espère que je n'aurais plus jamais à intervenir de la sorte ! »
Après son départ, nous ne savions pas où nous mettre jusqu'à ce que Lolita brise le silence. Chacune finit par s'excuser et nous reprîmes nos répétitions.
- « Elle va se marier ? ? ? C'EST UNE BLAGUE ? ! ? ! Elle va épouser cet abruti et en plus elle porte son enfant ? Et avec ce qui s'est passé, qui lui dit que c'est le sien ?
- Tu n'as qu'à faire une annonce à la presse en disant que tu pourrais en être le père !
- Mais tu ne réfléchis vraiment pas avant de parler ! Si je fais une telle annonce, tout le monde va se douter que je ferais tout pour savoir si c'est mon enfant et si ça l'est, que je serais prêt à tout pour le récupérer . Non, je fais faire quelque chose de beaucoup plus direct....
- A quoi tu penses ?
- Tu vas bientôt le savoir car tu vas être une pièce importante dans mon plan...
Avant un concert, Jessica vint frapper à ma porte. Après nous être demandées si tout allait bien dans nos vies respectives, elle me demanda :
- « C'est vrai ce que j'ai lu dans la presse ? Tu es enceinte et tu vas te marier avec Alex ?
- Oui, admis-je. Je suis la femme la plus heureuse du monde !
- J'imagine...
- Mais bon, j'espère que toute la presse va se calmer car je n'aime pas du tout ça !
- Tout se finira quand tu seras mariée et maman ! Pour quand est prévu le mariage ? Et ton accouchement ?
- Le mariage est prévu pour le .... et je serais au bout de mes 9 mois de grossesse à la mi-mai.
- Tout va s'accélérer alors dans les jours à venir ! Je te souhaite bien du courage !
- Merci beaucoup, je vais en avoir besoin pour tout combiner ! »
Je n'en revenais pas : en à peine 10 minutes, elle avait réussi à approcher Ashley et à lui soutirer les infos qu'elle voulait. J'avais maintenant la date du mariage et la date de son accouchement. Malheureusement, je pouvais confirmer une chose : son enfant n'était pas de moi. Mais cela ne voulait pas dire que je ne pouvais pas m'intéresser à la maman, sans le bébé... Après quelques minutes de profonde réflexion, je savais exactement ce que j'avais à faire : il me fallait juste saboter le plus beau jour de sa vie pour qu'il devienne le plus horrible...
Jamais je n'avais été aussi pressée d'aller chez le médecin : Alex et moi allions enfin savoir quel était le sexe de notre enfant. Au début, nous voulions attendre, mais en vue de la préparation de la chambre, nous avions changé d'avis. A la fin de la consultation où nous pûmes écouter son petit c½ur battre, le gynécologue nous l'annonçais : c'était une petite fille en parfaite santé. Je ne pus retenir une larme ce qui fit pleurer Alex à son tour, ce que je n'avais jamais vu.
Dans la voiture, il me dit :
- « Il va falloir que l'on commence à penser à des prénoms, car la date arrive. Tu y as déjà réfléchit ? ?
- Je t'avoue que j'y ai déjà un peu penser...
- Ne t'inquiètes pas, je ne t'en veux pas ! Tu as toujours été plus prévoyante que moi ! Il va falloir que l'on en parle plus sérieusement mais pour l'instant, on doit filer chez le traiteur pour choisir les plats qui seront servis au plus magnifique des mariages ! »
Ce fut heureux que nous avons fini la journée après une visite chez le gynécologue, une chez le traiteur et une au plus grand magasin de puériculture de la ville pour choisir la décoration de la chambre du futur bout'chou.
- « Il faut que tu fasses absolument tout pour que je puisse m'approcher au maximum de l'endroit où se passera la cérémonie. Si ce maudit Alex à fait mettre des agents de sécurité tout autour de l'église et qu'il faut des invitations, je suis foutu !
- Qu'est-ce que tu penses d'être mon cavalier à ce mariage ? ? ?
- Tu n'as même pas été invitée !
- Je pourrais bien l'être, en me débrouillant bien...
- Tu sais que j'adore les filles comme toi ?... »
En rentrant chez nous, nous vîmes un paquet venant de chez l'imprimer déposé devant la porte d'entrée : c'était nos cartons d'invitation.
- « Surtout, me dit Alex, donne le bien à tout le monde car si un des invités ne l'a pas, il ne pourra pas rentrer dans l'église.
- Ne t'inquiètes surtout pas pour ça ! J'ai demandé plus de tirages que nécessaire pour parer à ce genre d'incidents. Et j'ai bien fait car il va m'en falloir un pour mon frère et Isabelle qui pourront renter des Etats-Unis et un pour Jessica et son compagnon, comme je suis devenue amie avec elle.
- Invites autant de personnes que tu le souhaites, on est plus à 4 près, répondit Alex en rigolant.
- Je te laisse commencer à monter le lit du bébé, je vais chercher toutes les petites affaires que nous avons acheté ! »
Arrivée auprès de la voiture, un mouvement sur ma gauche me fit sursauter : quelqu'un se mit à courir jusqu'à sa voiture et s'y engouffra. Quand elle passa devant moi, la peur me saisie : je crus voir Richard derrière les vitres un peu sombres de la voiture.
En remontant, Alex me demanda :
- « Qu'est-ce qui se passe ? Tu en fais une tête !
- Rien, je viens juste de voir le diable... »
Ne voulant ni l'un ni l'autre continuer sur le sujet, nous commençâmes à monter petit à petit la chambre de notre bébé.